Livre de Valérie Trierweiler : le coup de grâce politique qui va achever Hollande

5 septembre 2014

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Le livre de Valérie Trierweiler, c’est Chabrol à l’Élysée. C’est le coup de grâce porté à François Hollande dans un livre qu’aurait sans doute aimé adapter Claude Chabrol au cinéma.

 

Il suffit de lire les quelques extraits du livre de Valérie Trierweiler, « Merci pour ce moment », qui traînent ici et là, pour s’en convaincre : à lui seul, ce livre peut achever le quinquennat Hollande.

 

Une série d’anecdotes dévastatrices

 

Valérie Trierweiler a choisi l’aller simple qui mène au point de non-retour. Les anecdotes, ces fameuses anecdotes méprisées souvent par la classe politico-médiatique, mais qui disent l’époque, les anecdotes livrées par l’ancienne compagne du 7e président de la Ve République sont dévastatrices.

 

Dévastatrice la narration de cet échange, quand, avant un dîner d’État, François Hollande demande à sa compagne :

 

« - Ça te prend beaucoup de temps pour être aussi belle ?

- Oui, un peu… »

- En même temps, on ne te demande rien d’autre. »

 

Dévastatrice la confession de la nuit où Valérie Trierweiler découvre l’ampleur que prend la révélation par « Closer » de la liaison de son compagnon avec Julie Gayet :

 

« L’information Julie Gayet est le premier titre des matinales. Je craque, je ne peux pas entendre ça. Je me précipite dans la salle de bains. Je saisis le petit sac en plastique qui contient des somnifères. François m’a suivi, il tente de m’arracher le sac. Je cours dans la chambre. Il attrape le sac, qui se déchire. Des pilules s’éparpillent sur le sol. Je parviens à en récupérer, j’avale ce que je peux. Je veux dormir, je ne veux pas vivre les heures qui vont arriver. Je veux fuir. Je perds connaissance… »

 

Dévastatrice la perdition d’un François Hollande, pris en flagrant délit d’adultère et flou sur les circonstances de celui-ci :

 

« Au début, sa liaison avec Julie Gayet daterait de plus d’un mois. Et puis nous passons à trois mois, puis six, puis neuf. Et enfin un an… »

 

Dévastatrice la présentation d’un François Hollande tentant de reconquérir l’objet perdu, des semaines et des mois après l’affaire « Closer » :

 

« Il me dit qu’il a besoin de moi. Chaque soir, il me demande de dîner avec lui, qu’il veut me retrouver qu’elle que soit le prix. Il me dit qu’il me regagnera comme si j’étais une élection ».

 

Dévastatrice la révélation d’un François Hollande qui n’aimerait pas les pauvres, moquant les origines modestes de la famille de Valérie Trierweiler :

 

« Une gifle », dit-elle, ajoutant : « Il s’est présenté comme l’homme qui n’aime pas les riches. En réalité, le président n’aime pas les pauvres. Lui, l’homme de gauche, dit en privé : ‘les sans-dents’ très fier de son trait d’humour. »

 

Dévastatrice la confirmation que les affres du trio Valérie/Ségolène/François ont provoqué la célèbre affaire du tweet, qui a elle seule a précipité le quinquennat dans un vaudeville permanent dont il n’est plus jamais sorti :

 

« J’appuie sur le détonateur et j’en suis la seule responsable. Mais la bombe à retardement a été fabriquée par François Hollande et Ségolène Royal, avec leur jeu constant entre privé et public, à coups de photos de famille et de déclarations ambiguës. »

 

Le corps du roi est dépouillé, ridiculisé

 

À cela s’ajoutera sans doute ce que l’on lira des autres, les Valls, Moscovici, Le Foll… Toute la Hollandie de gouvernement passée au spectre de Valérie Trierweiler, dont les qualités de journaliste (même compagne de président, on reste journaliste, on voit tout, en entend tout, on note tout, on enregistre tout) sont mises au service de ce livre d’ores et déjà hors-norme.

 

François Hollande, dit-on, est « atterré » par la sortie de ce livre. Il a raison. Les quelques extraits compilés présentés ici, et qui vont tourner en boucle partout, toute la journée, et celle de demain, et celle d’après-demain encore, et les suivantes, vont l’abîmer encore et encore.

 

Il n’y a certes pas de secret d’État révélé dans le livre de l’ancienne compagne du président. Les journalistes politiques français de la presse papier old school en respirent déjà d’aise, mais cela ne l’empêche pas, en dépit de cette apparence trompeuse, d’être un livre 100% politique, purement politique, ontologiquement politique, en ce qu’il touche le corps du roi.

 

Le président est nu. Nu comme jamais un président ne l’a été. Corps du roi dépouillé de sacré. Corps du roi ringardisé. Corps du roi mesquin. Corps du roi sans grandeur. Et surtout, surtout, corps du roi ridiculisé.

 

Le portrait ainsi tracé par le président de la Ve République est celui d’un petit notable de province, petit bourgeois prisonnier de sa condition, enfermé dans un habitus sournois, un personnage à la Claude Chabrol, cynique, manipulateur, féroce, désincarné, falsifié. On pense à Claude Piéplu dans « Les Noces rouges », ou Michel Bouquet dans « Juste avant la nuit », avec une Valérie Trierweiler incarnée par Elisabeth Huppert et une Ségolène Royal par Stéphane Audran.

 

Un livre-confession utile

 

Ce portrait de l’homme Hollande est-il juste ? Il ressemble, en grande partie, à celui qui est souvent brossé, en « off », par les déçus du hollandisme de gouvernement.

 

Il fait écho à celui brossé par Cécile Amar dans son livre, « Jusqu’ici tout va mal », paru l’hiver dernier. Elle aussi dressait, en creux, le portrait d’un président déshumanisé, ramenant les choses de la vie à des calculs permanents, dépourvu d’empathie, de compassion, déconnecté des vérités humaines, et dont les travers sont démultipliés par l’exercice du pouvoir suprême, et peut être aussi, par la perception des limites de ce pouvoir suprême.

 

À la fin, il est deux façons de juger la confession de Valérie Trierweiler. Les uns estimeront que ce livre n’est que le vecteur de la vengeance d’une femme en colère, qu’il relève de la pipolerie des temps, et qu’il ne faut pas le lire parce que par définition, c’est mal.

 

D’autres considéreront sans doute que ce témoignage, inédit de la part d’une ex-compagne de président, est à prendre pour ce qu’il est, à savoir un double révélateur.

 

Il dit une vérité de ce qu’est la personnalité du 7e président de la Ve République, et compte tenu de la nature des institutions, caractérisé par l’exercice d’un pouvoir personnel au sommet de l’État, il est utile.

 

Un quinquennat tragique

 

Il dit aussi, en grande partie, au-delà des personnages, mais à travers eux quand même, ce qu’est devenue la gauche française, ce qu’elle porte, et pourquoi et comment elle est en train de conduire, couac après couac, improvisation après improvisation, irresponsabilité après irresponsabilité, légèreté après légèreté, la pire expérience de la gauche au pouvoir depuis le début du XXe siècle.

 

Quand on lit ce que Valérie Trierweiler dépeint, raconte et rapporte de l’homme Hollande, on ne peut manquer d’établir le rapport entre cet échec permanent et le caractère de celui qui devenu président suite à série d’accidents de l’histoire. En outre, quand on sait aussi que ce président (cf. la séquence île de Sein) est incapable de se doter d’une communication à la hauteur de ce qui est attendu d’un héritier de Mitterrand, on augure sans peine du tort considérable que va lui causer ce livre.

 

L’œuvre de Valérie Trierweiler, qui va devenir dans les jours et les semaines qui viennent un objet politique dépassant sa personne, ses souffrances, ses colères et ses indignations, est aussi le livre qui montre que de de Gaulle à Hollande, la Ve République est bel et bien passée du « coup d’État permanent » au « coup de grâce permanent ».

 

Tragique.

sources le nouvel observateur

 

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