Les Français se laissent plumer par leurs banques !

1 octobre 2014

Non classé

MARC FIORENTINO

 

L’ex-trader, dirigeant d’une société de conseil en placement, publie un guide au titre explosif : « Faites sauter la banque ! » Son but : pousser les Français à reprendre leurs comptes en main.

Dans votre livre*, vous dressez un portrait au vitriol des banquiers. La crise n’a rien changé ?

- Les patrons des grandes banques eux, n’ont pas souffert de la crise ! Les bonus ont été plafonnés, parfois de manière conséquente, mais pas toujours. Et dans le même temps leurs salaires ont explosé. Il y a en France une réelle entente entre le pouvoir politique et la finance qui empêche de réformer le système. Emmanuel Macron était banquier d’affaire avant d’entrer au gouvernement. Mais ce n’est rien comparé à l’influence qu’a pu avoir Michel Pébereau, l’ancien président de la BNP ! Ces vases communicants permanents entre la politique et la banque rejaillissent  à tous les niveaux. C’est cela le plus pervers. Cela va du directeur de cabinet au chargé de dossiers.

Les  Français restent pourtant encore très fidèles à leur banque. Pourquoi ?

- La docilité avec laquelle les Français se laissent plumer me rend hystérique. Ils sont comme anesthésiés et restent fidèles à leur banquier, quoi qu’il fasse. C’est très français et quasi psychanalytique ce rapport à l’institution, à l’autorité. J’aimerais qu’ils se rendent compte que les banques sont sans pitié. Elles essaient de récupérer sur les particuliers ce qu’elles n’arrivent plus à prendre sur les marchés. Et avec les nouvelles réglementations, elles seront de plus en plus dures. Je dis cela pour que les gens soient décomplexés. Je ne comprends pas que les patrons des grandes banques osent encore donner des leçons aux Français !

Vous écrivez dans votre livre que l’on peut économiser entre 200 et 2.000 euros sur les frais bancaires. Vraiment ?

- Oui ! Et il faut les prendre maintenant ! D’abord, on doit changer son mode de consommation bancaire. Arrêter par exemple de subir les frais liés aux découverts quand on a de l’argent sur des comptes de placements ! C’est une question de bon sens. Ensuite, les banques ont gagné des fortunes grâce à la non-rémunération des comptes. Les Français ne doivent plus laisser sur leurs comptes chèques de l’argent qui n’est pas rémunéré. Pour faire jouer la concurrence, il faut immédiatement ouvrir un deuxième compte dans une banque en ligne. Ensuite, aller au maximum vers le gratuit, arrêter de multiplier les cartes de crédit qui ne servent à rien… Aujourd’hui il y a des comparateurs sur internet. Il faut s’en servir et ne pas hésiter à changer d’établissement, ou à négocier ses frais.

Plus facile à dire qu’à faire. On n’a pas tous les mêmes cartes en main.

- A part les gens en situation de précarité, les seuls qui n’ont hélas pas d’alternative, tout le monde a les moyens de négocier. Quand vos finances sont très tendues, en général, vous n’avez pas de découvert. Et si cela vous arrive, les banques n’hésitent pas à vous mettre le dos au mur. Les autres n’ont aucune raison d’avoir peur car ils n’obtiendront rien de plus que ce à quoi ils ont droit.

Vous vous attendiez à un « Free » bancaire pour faire baisser les prix. Il n’a pas eu lieu ?

- Non, les Français ont très bien réussi à faire leur révolution dans les télécoms. Pas dans la banque. Pourquoi n’ont-ils pas réussi la même chose dans un secteur où il y a énormément d’argent à récupérer ? Je pensais que les choses allaient bouger car je suis un vrai libéral et je ne peux pas accepter qu’il n’y ait pas de concurrence.  Mais il n’y a pas eu de « Free » bancaire !

Vous semblez déçu par les banques en ligne, pourtant bien moins chères ?

- Je pensais au début que les banques en ligne allaient permettre de vraiment casser le cartel des banques. Mais elles n’ont pas réussi à jouer ce rôle. Leur limite, c’est d’être des filiales de grands groupes (BNP, Crédit mutuel…). Du coup elles ne peuvent pas dire ce qu’a dit Xavier Niel[coactionnaire du "Nouvel Observateur"] à un moment donné : « Je vais ramener le service à son juste prix ! ».

Les banques ont encore de beaux jours devant elles ?

- Non, loin de là. Ce système va sauter. Cela ne fait aucun doute. Et socialement, cela va être douloureux. Beaucoup de salariés – c’est la spécificité de la pyramide des âges dans les banques – partent à la retraite et ne sont pas remplacés. Pour l’instant, les banques ont pu limiter la casse mais ça ne suffira pas.

La révolution bancaire, c’est pour demain ?

- La BNP, LCL, la Caisse d’Epargne…les ados, ça ne leur dit rien. En revanche ils ont l’iTunes store, où ils peuvent déjà acheter énormément de choses. Et maintenant l’iPhone 6 qui vient de sortir et qui risque de révolutionner les moyens de paiement. Aux Etats-Unis, une multitude de start-up extrêmement performantes jouent aussi la rupture avec le système bancaire classique. En France, ces « fin tech » arrivent aussi. On a raté une étape. Mais cette onde de choc n’est pas près de s’arrêter. Demain nos banquiers s’appelleront Facebook, Google, Apple ou Amazon…

* »Faites sauter la banque ! »

sources le nouvel observateur le 01 octobre 2014

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